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Vendre aux bibliothèques universitaires via Couperin : un modèle qui a déjà fait
Marie-Anne et Isabelle Lambert | 03/31/2009 | Numérisation
Ces chroniques ayant été rédigées en partant des notions les plus simples, nous invitons les internautes qui le souhaitent à se référer au blogue n°1 De quoi allons-nous parler.
Aujourd’hui 133 bibliothèques universitaires et autres établissements d’enseignement supérieur ont acquis en 2007 des livres électroniques pour un montant total d’environ 1 552 297 euros TTC ( soit 2 406 060 $ can). Ces achats se concrétisent via le consortium Couperin qui regroupe les offres, recense les besoins et négocie collectivement avec les éditeurs ou les diffuseurs. C’est dire que les bibliothèques universitaires françaises constituent pour le livre numérique un marché réel et déjà organisé. Parce qu’il bénéficie du modèle, rôdé depuis plusieurs années, des pratiques d’abonnements aux revues numériques. Il faut considérer de près cet axe marchand, d’abord parce qu’il est porteur de ventes immédiates, ensuite parce qu’il pourrait bien devenir un modèle pour l’avenir de la diffusion du livre numérique.
Nous avons interrogé Madame Bruley qui coordonne l’ensemble des achats de livres numériques pour Couperin. Les lignes qui suivent sont largement inspirées de ses réponses. Elles éclairent de façon précise la marche à suivre pour faire une offre à ce consortium.
Comment Couperin construit-il son offre de livres numériques ?
Couperin fonctionne par négociations individuelles avec les éditeurs. Un membre du consortium, Marie-Claire Bruley en l’occurrence, coordonne les offres et les répartit aux négociateurs chargés d’un secteur documentaire pour qu’ils négocient en direct avec l’éditeur.
Quels sont les points de négociation ?
Identification des titres et des regroupements thématiques les plus attrayants pour les BU, conditions commerciales acceptables de part et d’autre. C’est le plus souvent l’éditeur qui fait la proposition initiale ,laquelle est ensuite retravaillée avec le négociateur. « Ce que nous souhaitons, dit Marie-Claire Bruley, c’est que notre négociateur et l’éditeur travaillent ensemble à la rédaction de l’offre qui sera ensuite diffusée aux membres de Couperin ».
Lorsque Couperin est sollicité pour une négociation concernant un nouveau produit dont l’intérêt semble limité pour les membres, une enquête préalable est lancée auprès des établissements afin de définir s’il est pertinent de négocier une offre. Cette enquête d’intérêt n’est pas systématique : elle dépend du produit, de son domaine disciplinaire, du public visé.
Pour situer votre offre par rapport à celles déjà achetées par Couperin et savoir quels sont aujourd’hui ses fournisseurs ebook, il suffit de se rendre sur le site, http://www.couperin.org/spip.php?rubrique30, et de consulter l’ensemble des offres disponibles via ce consortium.
Pourrait-on imaginer que les éditeurs canadiens ayant une offre de livres numériques susceptibles d’intéresser les BU françaises puissent passer par Couperin ?
Il est tout à fait envisageable que Couperin travaille avec des éditeurs canadiens. Madame Bruley suggère qu’il y ait concertation collective entre les éditeurs universitaires (médecine, sciences, sciences humaines) et Couperin pour monter une offre cohérente et attractive. La forme de la négociation reste à définir : Couperin a l’habitude des négociations individuelles, par produit ; mais on pourrait imaginer des négociations thématiques, avec plusieurs éditeurs dans un domaine disciplinaire particulier. Ce qui donnerait du poids à l’offre et renforcerait sa légitimité.
Une enquête d’intérêt auprès des membres de Couperin serait alors sans doute proposée pour choisir les bouquets qui répondront le mieux aux besoins des établissements membres. Ils devront bien entendu faire l’objet d’une négociation. Couperin nommera ensuite un ou des négociateurs pour mener à bien le travail avec le/les éditeur(s).
Comment convaincre Couperin d’acheter des livres canadiens ?
Couperin est à ce point avancé que sa cellule E-Books a rédigé un document intitulé « Les 10 commandements de l’éditeur d’e-books : pour une offre idéale ». Ce document vise à faire part aux éditeurs des bonnes pratiques actuelles, tant dans l’étendue de l’offre que dans sa profondeur et dans ses formes et formats, dans sa capacité à se modeler en fonction des besoins des clients universitaires ainsi que sur la pérennité de cette offre. Il insiste aussi sur l’ouverture et l’écoute des éditeurs aux contraintes et besoins des BU. Ce document étant en cours de validation, nous vous le transmettons en avant-première et sous réserve de modifications.
Conclusion
Il faut retenir donc l’ouverture totale de Couperin pour recevoir une offre des éditeurs canadiens à la condition que cette offre soit riche et diversifiée et, ce qui donnerait encore plus d’atouts, que les éditeurs arrivent à se regrouper pour pouvoir négocier avec Couperin et bâtir un catalogue attrayant. Consultez le site de Couperin ainsi que ces « dix commandements à l’attention des éditeurs de livres numériques » et travaillez à organiser votre offre, collectivement ou individuellement avant de contacter Madame Bruley. (.(JavaScript must be enabled to view this email address))
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Les 10 commandements de l’éditeur d’e-books : pour une offre idéale
Dans un contexte d’offres foisonnantes, le consortium Couperin a souhaité faire part aux éditeurs d’e-books de ses recommandations et des pratiques les plus intéressantes constatées actuellement. Voici donc 10 propositions pour construire, en partenariat avec les éditeurs et les fournisseurs de services ou de contenus, ce que l’on pourrait qualifier d’offre idéale.
1. Faciliter l’accès au contenu
a. En favorisant le signalement et l’accès aux e-books aux communautés desservies ;
b. En offrant une adresse URL stable ;
c. En permettant leur citation ;
d. En facilitant leur l’intégration au sein des catalogues de bibliothèques (grâce à des notices au format MARC) et des plateformes de gestion de ressources pédagogiques (grâce à des notices au format LOM ou LOM-FR);
e. En développant l’interopérabilité vers ces plateformes grâce aux protocoles les plus utilisés dans le monde de la documentation : OAI-PMH, SRU/SRW, WebServices.
2. Intégrer les usages pédagogiques
a. En autorisant l’intégration des e-books dans des cours, des bibliographies réalisées avec des logiciels de gestion de références bibliographiques libres ou commerciaux;
b. En donnant la possibilité de réorganiser certains éléments extraits des e-books pour les intégrer à des cours en ligne ou à des scénarios pédagogiques.
3. Assurer l’archivage pérenne et l’accès perpétuel
Dans le cas d’un achat définitif de collections ou de titres individuels ou de souscription à des collections, l’accès perpétuel aux ressources doit être assuré, c’est-à-dire que l’éditeur doit prévoir des solutions d’archivage et d’accès pérennes.
4. Offrir un contenu accessible aux budgets des bibliothèques
Les tarifs pratiqués doivent être adaptés aux budgets actuels des bibliothèques. Concernant les modèles économiques, l’abonnement à des collections et l’achat titre à titre dominent les offres commerciales. En cas d’abonnement à une ou des collections, la liberté de choix (granularité variable des achats/abonnements) et la possibilité d’ajuster l’envergure de l’offre à la taille de l’établissement, aux usages de son public et à son ambition dans le domaine des e-books sont essentielles. Il est regrettable de constater qu’aujourd’hui, il faille payer pour entrer dans la bibliothèque d’e-books, payer pour voir le catalogue et constater que les ouvrages sont déjà dépassés.
5. Développer des services centrés sur l’usager
En terme de services, il serait intéressant pour les lecteurs de bénéficier des options suivantes :
a. La lecture simultanée de plusieurs livres, l’annotation.
b. Un moteur de recherche performant, capable de rechercher à l’intérieur des documents;
c. Une indexation fine des documents, en français, avec des rebonds entre les ouvrages du même domaine, du même auteur, etc. ;
d. La consultation temporaire de quelques pages d’un ouvrage ;
e. La consultation simultanée du même ouvrage par un groupe d’utilisateurs large pendant une courte période, le temps d’un exercice ou pour préparer un examen ;
f. L’accès à une aide en ligne et à des formations gratuites pour les utilisateurs ou les bibliothécaires.
Quant aux bibliothécaires et aux acheteurs d’e-books, ils souhaitent pouvoir :
a. Bénéficier des dernières éditions parues et acquérir les éditions plus anciennes à prix réduit;
b. Consulter un ouvrage avant de l’ajouter à la collection ;
c. Ajouter des documents temporairement à la collection (location) ;
d. Mettre en place des filtres et des profils d’utilisation des documents, pour des individus ou des communautés;
e. Ouvrir des tests gratuits sur une collection de documents pertinents;
f. Accéder à une hotline en cas de problème et à une documentation technique administrateurs ;
g. Signaler facilement à leurs lecteurs les nouvelles acquisitions, par des courriers électroniques automatiques ou par des fils RSS.
6. Offrir l’accès le plus large aux contenus
a. En favorisant l’accès nomade authentifié et sécurisé (Shibboleth, serveur proxy);
b. En prévoyant une synthèse vocale et l’accessibilité aux malvoyants pour le plus grand nombre possible de textes, et une version audio des textes littéraires.
7. Publier des éditions récentes
En matière de politique éditoriale, l’actualité des publications et des éditions est primordiale. Trop souvent, les éditeurs proposent des éditions anciennes. Les bibliothèques doivent offrir des titres récents et prévoir l’ajout régulier de nouveaux titres, voire de titres en cours de rédaction
8. Fournir des statistiques d’usage
Comme l’évaluation joue un rôle primordial dans le métier de bibliothécaire, il est important pour les services documentaires de pouvoir disposer facilement de statistiques de consultation fiables, respectant les recommandations Counter les plus récentes. Ces statistiques serviront aussi à préciser les usages émergents
9. Libérer les usages
Enfin, en termes d’usages, il est essentiel que :
a. Les offres éditoriales s’affranchissent des logiciels et des matériels propriétaires à cause des restrictions d’usage imposées par les mesures logicielles de protection (DRM) ;
b. Dans le cas contraire, les DRM devront faire l’objet d’un affichage clair de la part du fournisseur, qui précisera les matériels et logiciels requis pour consulter les documents qu’il fournit.
c. Les éditeurs proposent plusieurs possibilités de lecture sur écran, ainsi que des solutions de téléchargement sur tablette de lecture.
d. Il soit possible d’imprimer des extraits ou la totalité de l’ouvrage.
e. Les possibilités de prêt entre bibliothèques, d’exportation et d’impression des documents, qui manquent souvent de clarté, soient explicitement indiquées.
f. La possibilité de choisir les documents titre à titre et de modifier la liste de ces titres à tout moment ou une fois par an soit possible.
10. Innover, expérimenter en partenariat
Les usages de ces nouveaux documents et de ces nouveaux supports de lecture n’étant pas encore fixés, ils pourraient donner lieu à une approche expérimentale des offres, tout en se donnant la possibilité de modifier ces offres si elles ne correspondent pas aux usages constatés.
Des pratiques innovantes méritent d’être soulignées :
a. La présence d’un bandeau aux couleurs de l’institution sur les plateformes de téléchargement ou de visualisation, pour rappeler l’origine de la ressource et de son financement;
b. L’absence de DRM sur les documents téléchargés, remplacées par un filigrane portant le nom de l’utilisateur, ainsi que son institution d’appartenance.
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