Blogue France
Parlons livre numérique
Marie-Anne et Isabelle Lambert | 04/03/2009 | Numérisation
La lecture de livres numériques s’effectue sur 6 types d’appareils disponibles en France :
- Ordinateurs professionnels et/ou personnels,
- Téléphones mobiles,
- PDA ou assistant personnels (comme le Palm Pilot, il sert d’agenda, de carnet d’adresses, bloc-notes, a un clavier, avec des petites touches ou un écran tactile associé alors à un stylet),
- Smartphones (comme l’iPhone, c’est un téléphone mobile couplé à un PDA, permettant une meilleure gestion du temps grâce à des fonctionnalités agenda/calendrier mais également de la navigation web, consultation de courrier, connectivité à un client de messagerie instantanée, navigation GPS, etc.),
- Consoles de jeux (DS Nintendo par exemple),
- Enfin liseuses appelées « readers » ou encore tablettes de lecture.
Autant de mots qui recouvrent des technologies diverses, chacune fixant des contraintes de production spécifiques pour les éditeurs. Pour être capable d’échanger avec tout partenaire éventuel de la chaîne du livre numérique, mieux vaut savoir ce que recouvrent les termes les plus utilisés. Voici donc un petit glossaire, à utiliser avec précaution toutefois, la terminologie étant encore en pleine évolution.
1. Éclairage sur quelques mots clés du « parler numérique »
Agrégateur : diffuseur numérique et/ou e-librairie permettant d’acheter des e-books. Par exemple, Numilog (créé en 1999 et racheté l’an dernier par Hachette) est un agrégateur « pure-player » (100% internet), tandis que d’autres comme fnac.com sont des librairies en ligne, filiales de librairies physiques.
Bi-media : publication mixte c’est-à-dire papier et électronique.
DTD (Définition type de documents), appelée GDN (Gestion des Droits Numériques) au Canada : fichier dans lequel sont décrites toutes les règles concernant le document édité - sa structure, les éléments devant obligatoirement y figurer, les éléments qui s’imbriquent, etc. - ; il en existe des publiques et des privées c’est-à-dire propres à une maison d’édition.
DRM (Digital Right Management) : procédé permettant de limiter ou interdire le piratage des e-books, ce qui permet de protéger les droits d’auteur. On parle ainsi de « formats fermés ou propriétaires », dans lesquels l’éditeur du format se réserve le canal de distribution des contenus et définit la solution DRM associée, qui est liée à un type d’appareil, par exemple Kindle/Amazon. Les partisans des DRM mettent en avant le respect du droit d’auteur. Les partisans des formats NON propriétaires rétorquent qu’il faut s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation, que cette protection n’est que du protectionnisme au profit des majors et qu’il y a un marché du gratuit qui encourage le marché du payant. Cette conviction serait en train de gagner du terrain chez les éditeurs français qui craignent sinon de tomber dans l’écueil de l’industrie musicale.
Flip book : mode de consultation (proposé par i-kiosque) c’est-à-dire qu’un livre en pages tournées, proposé en extrait ou dans son intégralité.
Formats : formats de lecture (déterminant les logiciels nécessaires pour les lire) des livres numériques. Il existe aujourd’hui en France 4 principaux formats de fichiers utilisés dans le livre numérique
- XML : Fomat générique qui permet le plus d’applications possibles; voir définition ci-dessous.
- Adobe PDF (Portable Document Format) : il suffit d’avoir Adobe Reader téléchargement gratuit) pour y avoir accès. Ce format est particulièrement adapté à la lecture sur ordinateur d’ouvrages pour lesquels la conservation de la mise en page, de la pagination, des illustrations et des polices de caractère est importante : livres scientifiques et techniques, universitaires, pratiques, beaux livres, bandes dessinées.
- PRC (Palm Resource Compiler): lecture sur appareil mobile de livres pour lesquels l’adaptation à la taille de différents écrans de support mobile est importante : romans, essais (textes), dictionnaires ou guides de voyages si leur mise en page fait l’objet d’une adaptation.
- Format compatible avec plusieurs readers, et utilisant l’encre électronique ( par ex : Illiad/Irex, Cybook/Bookeen).
- Adobe ePub : adapté comme le format PRC à la lecture sur divers appareils mobiles, grâce à la fonction de « repagination dynamique » (ou « reflowing »). Compatible avec plusieurs appareils de lecture utilisant l’encre électronique (par ex : Sony Reader proposé en France). Discutable sur la fiabilité du rendu des tableaux et de certaines formules mathématiques.
- Autres « formats ouverts » (Microsoft.LIT pour Microsoft Reader ou Palm, PDB pour eReader) : minoritaires pour le moment en France.
- « Formats fermés » (AAC / iTune / iPod ou Reader/sony) : minoritaires en France aussi, car « pour des raisons stratégiques évidentes de tentative de captation de marché, ces solutions sont par définition défavorables aux autres acteurs de la chaîne, y compris les auteurs et éditeurs, qui risquent de se retrouver dans une situation de trop forte dépendance à l’égard d’un distributeur unique ou super dominant. » (1)
En résumé, l’offre de livres numériques en France est pour l’instant essentiellement composée de format PDF et s’ouvre au e-pub (voir blogue 4 sur la production numérique en France)
Livrel : livre numérisé, souvent appelé e-book en France. Par opposition au livre papier (parfois appelé p-book), c’est un ouvrage publié sous un format électronique, matérialisé par un ou des fichiers lisibles grâce à une machine (ordinateur, reader, smartphone, … ), s’affiche sur l’écran ou est audible par synthèse vocale.
Reader (liseuse): terminal électronique nomade permettant de lire des livrels ou e-books et des audio-livres. Dédié à la lecture, donc différent de l’ordinateur qui par nature est multifonctions (bien que ce dernier puisse aussi lire des e-books), il pèse moins lourd (
< à 300 grammes), n’a pas de clavier physique et est donc très portable. Il existe différents readers, mais attention tous ne sont pas compatibles avec les formats dans lesquels sont publiés les e-books (voir DRM).D’une manière générale, les liseuses sont sonorisées, offrent une connexion Wi-Fi, une capacité de mémoire fonction de la carte mémoire multimedia, pouvant par exemple stocker 800 romans, enfin une autonomie de quelques jours à quelques semaines (jusqu’à 8 000 pages vues pour le Cybook, par exemple). Commercialisées en France (aux alentours de 300 €/ 500 $ can.) plus cher qu’aux Etats-Unis ou au Canada, elles tentent à reproduire les sensations de lecture sur papier sans fatigue visuelle grâce à la technologie e-ink et, bientôt, le e-paper, support ultra-fin qui serait lancé en 2010. Quant à avoir de la couleur sur l’écran, c’est chose faite au Japon depuis peu… à quand en France ?
e-paper : écran fin et flexible, non rétro-éclairé ; exige donc d’être sous une source de lumière mais présente un meilleur confort de lecture..
e-ink : encre électronique ou procédé d’affichage des pixels sous l’effet d’une impulsion électrique, dont la disposition reste stable en l’absence d’alimentation électrique et pour une très faible consommation électrique.
Widget : petit programme permettant d’obtenir des animations (dont le feuilletage en ligne), vidéos etc., en provenance d’un autre site. Terme de ce fait utilisé pour la fonction promotionnelle. En informatique, le mot widget recouvre deux notions distinctes en relation avec les interfaces graphiques. Il peut alors être considéré comme étant :
- la contraction des termes window (fenêtre) et gadget. Il peut désigner un composant d’interface graphique, un élément de base d’une interface graphique (bouton, ascenseur, liste déroulante, etc.)
- un widget interactif, petit outil qui permet d’obtenir des informations (météo, actualité, dictionnaire, carte routière, pense-bête (en anglais post-it), traducteur etc.)
XML (Extensible Markup Language) : Conçu pour répondre au besoin d’une norme universelle de stockage et d’échange de données, XML est à la fois un métalangage et un format de fichiers. Pour un éditeur, l’intérêt de XML est crucial car il permet d’éditer le même contenu sur différents supports (papier, Internet, CD-Rom, e-books, PDA, téléphones portables, ...). En effet, le stockage des données sous différents formats (HTML ou base de données, dans le cas d’un contenu destiné à Internet ; langage développé spécifiquement pour un CD-Rom; format d’enregistrement propre au logiciel de PAO utilisé pour une publication papier…) pose le problème de leur mise à jour, qui risque d’être longue et imparfaite puisqu’il faut intervenir dans chaque document séparément. En outre, rien ne garantit la pérennité des formats de conservation propres à chaque support. Le XML permet donc de résoudre ces difficultés.
2. Matériels disponibles et formats compatibles : une photographie de l’instant (2)
Terminaux les plus courants en France | Parc français (en nombre d’unités) | Modèles ou marques si intérêt particulier | Principaux formats lus |
Ordinateurs | > 30 000 000 | - | PDF, e-pub, PRC, XML |
Consoles de jeux | 6 900 000 | - | Selon les types d’appareil |
Téléphones portables / mobiles | 60 000 000 | - | Selon les types d’appareil |
PDA (Assistants personnels) | En déclin au profit du smartphone | - | PRC |
Smartphones | 1 800 000 | dont i-phone d’Apple (800 000 en France) et Androïd de Google à venir au printemps | PDF + autres formats selon les types d’appareil |
Liseuses (readers dédiés à la lecture) | nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp; 10 000 à 15 000 toutes marques confondues dont : | Cybook Gen3 de Bookeen | HTML et TXT, PDF, PDB (fichiers PalmDoc) ainsi que PRC (fichiers Palm Resource Compiler contenant un livre Mobipocket) |
6 000 | PRS 505 de Sony | e-pub, PDF | |
Pas de données | iLiad | PDF, PRC, HTML | |
Sortie France juin 2009 | Boox | Tous | |
Non commercialisé en France | Kindle | DRM Amazon, format Mobipocket/PRC |
Conclusion
Dans ce grand marché désordonné du livre numérique où chaque major essaie de tirer son épingle du jeu en développant sans communiquer autour pour garder l’avantage de l’antériorité, il est difficile de faire une synthèse. À la question « sous quel format puis-je vendre mes livres numériques en France ? », la réponse est : en PDF, mais numérisez vos livres en XML, cela vous permettra de produire à peu près tout format par la suite . »
(1) Bruno PATINO « Rapport sur le livre numérique », page 60, rapport remis à la ministre de la Culture Christine Albanel le 30/06/2008
(2) Sous réserve de modifications ou d’améliorations de la part des constructeurs et éditeurs de logiciels.
Nous remercions pour sa validation technique Elizabeth Sutton, Responsable Bases de Données
Dunod /Armand Colin et Responsable Web Marketing Dunod.
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