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Blogue France

Un état des lieux de la production numérique en France

Marie-Anne et Isabelle Lambert | 04/06/2009 | Numérisation

Pour transmettre une photographie d’ensemble de la production du livre numérique en France, nous avons interrogé des directeurs du développement numérique, des responsables éditoriaux et des responsables de production de quelques groupes d’édition (*). Notre objectif était de savoir quelle offre était disponible et sous quels formats, pour quelles applications et à quels horizons. Certains ne nous ont pas répondu ou nous ont donné peu d’informations. Le tableau ci-dessous synthétise leurs réponses ; réponses que l’on peut facilement projeter aux autres acteurs d’une même spécialité éditoriale avec, vraisemblablement un temps de décalage pour les petites maisons d’édition.

Les domaines couverts par cet état des lieux abordent les principaux secteurs éditoriaux : littérature générale, scolaire, sciences humaines, sciences et techniques, édition professionnelle et jeunesse. Il ressort de ces entretiens que la majorité des éditeurs des groupes sont dans une phase de réflexion active et que dans un proche horizon ils passeront une très grande part de leur production en XML de façon à l’adapter aux multi supports ensuite. Certains effectuent effectuent la conversion e.pub pour les readers.

En revanche la bande dessinée et le scolaire ne seraient pas encore ou peu souvent passés sous XML ; ceci nous a été confirmé par Patrick Gambache, directeur de Delagrave (éditeur scolaire) et de J’ai Lu (poche) et par ailleurs en charge du numérique chez Flammarion, groupe assez vraisemblablement représentatif de la tendance dans ces deux secteurs éditoriaux : « la BD et le scolaire à cause de l’iconographie et des contraintes de lecture (la plupart des manuels étant conçus sur une logique de double page et les BD de planches, ils ne sont donc pas facilement visionnables, sauf en ajoutant des outils pour zoomer, surligner… )». De plus, l’équipement dans les établissements scolaires français en tableaux interactifs est très réduit, contrairement à d’autres pays européens comme l’Angleterre, les éditeurs scolaires et parascolaires français s’attachent donc plutôt à constituer des ressources numériques, mais dans une autre logique que la simple transposition des livres papier dans leur intégrité vers un support numérisé, voire à transférer certaines activités vers des sites internet, comme Paraschool.com, un « pure-player » récemment racheté par Editis. Et de leur côté, les éditeurs de BD commencent à envisager de tester le modèle japonais sur téléphone mobile.

Enfin pour les secteurs non couverts par cet état des lieux, signalons que les éditeurs de guides et de pratique des groupes d’édition sont vraisemblablement aussi en train de numériser leur offre, mais avec la concurrence d’internet, la mutation de ce secteur n’est pas simple. A part le routard.com, site de la célèbre collection qui est devenu enfin retable grâce à la publicité, aucun n’a encore réussi à trouver un modèle économique numérique profitable.

En résumé(0)

Entité

% production convertie en XML

% production PDF adaptée du PDF imprimeur pour mise en ligne consultable,téléchargeable

%  production en PDF pour le  Web (1)

production impression numérique (ISD)

Petits tirages

Editeur institutionnel (2)

60%

100 %

 

25 %  en HTLM ; dans quelques mois 50 à 60%

50% en Excel pour les tableaux et graphiques. Objectif 100% HTLM

10%

Nouveautés : pour chaque titre un certain nombre d’ex. en « preliminary copies ».

Place des Editeurs Sogedif (Plon, Perrin, Univers Poche, Belfond, Solar, …), groupe EDITIS

100 % pour la littérature

 

90% pour l’ensemble Sogedif

Recherche de solutions en cours pour le scolaire : le passage PAO / XML

Rien., mais tout est archivé depuis 4 ans en PDF  imprimeur, en natif   et en XML pour l’ensemble du groupe.

Depuis quelques semaines le PDF Web est produit en même temps que le e.Pub

Sur l’ensemble Sogedif :

Pré-tirages : 20 ex. et 200 ex. en avance (250 titres/an);

Réimpressions  : tirages entre 300 et 1 200 ex. (100 titres/ an)

Groupe Hachette

 

100% littérature générale

 

80% Universitaire et professionnel

 

10% PDF Web et e.Pub

Réimpressions : toutes  en littérature ; Nouveautés : 60 %

Tirages : 200 à 3 000 exemplaires

Groupe Gallimard

 

Jeunesse : rien pour l’instant,  réflexion est en cours

 

Adulte : passage en XML pour les nouveautés

2 à 5% des nouveautés

 

 

Les livres du fond ont été numérisés et retraités en PDF 

Jeunesse : Phase de tests

 

Littérature jeunesse : 200 ou 300 ex.

 

 

Adulte : uniquement pré-tirages à 20 ou 30 ex.

Bayard

 

 

 

 

 

Jeunesse : rien pour l’instant mais projet d’archivage et passage XML

 

 

Adulte (religieux, sciences humaines) :

15% du catalogue

50 % des nouveautés.

En 2010 Toute la production

Cyber libris, Fnac

5% du catalogue

 

 

Rien

 

Rien

 

 

 

 

20 à 30%

 

En 2010 : Toute la production

 

 

 

 

Réimpressions : 2 à 3% seulement car

    - les offres offset démarrent à 700/800 ex. ;

     - volonté de ne pas réimprimer en dessous d’un certain chiffre de tirage.

Magnard/Vuibert (scolaire / universitaire)

 

Rien, mais archivage des fichiers natifs prêts à passer en XML, seulement si l’investissement en vaut la peine.

 

2 à 3% d’extraits

Réimpressions : 8 %

Flammarion

 

100% des nouveautés, sauf BD et scolaire

Rien sauf des couverture pour la promotion

Des extraits en ligne 30%

Pour les services de presse : 30 à 200 ex.  pour 90% des titres

Elsevier/Masson

Une grande partie

En réflexion

 

 

Légende des têtières : (0) : Ces chiffres ne sont qu’indicatifs ; (1) le PDF web est obtenu en enrichissant avec des index, répertoires. Ceux qui génèrent des PDF Web (liens avec index, répertoire…) dans le même temps effectuent la conversion e-pub pour les readers. Le e-pub n’est pas pour l’instant idéal pour les schémas et tableaux. Le PDF Web est en base déf sans les traits de coupe et on y ajoute des index, des signets pour la navigation; (2) chez l’éditeur institutionnel, toute la production est disponible (en 1 couleur) « on demand » chez Amazon/Google.

Corlet

Michel Thierry, responsable commercial 

02 31 59 53 00

Nombres d’éditeurs clients : 1 500 environ pour une production de 10 000 titres par an

Pour le POD (printing on demand) :

·          Chiffres de tirage moyens entre 150 et 250 ex, mais également des tirages à 500/600/1000

·          Progression C.A numérique assez faible car si le nombre de titres augmente, les tirages baissent

·          Beaucoup d’éditeurs pour lancer une collection font un petit tirage avant de passer à l’offset si ça marche.

Nord compo

Armand Berry , directeur général

03 20 41 40 01 ligne

·          Compositeur (ne fait pas d’impressions) ; Nord Compo fait un cheval de bataille de la structuration des contenus. Travaille avec les grands groupes et pas mal de petits.

·          L’intérêt pour le XLM est variable d’un éditeur à l’autre

·          Pour le juridique, l’universitaire et la littérature générale : toute la compo qui leur est confiée passe en XML.

·          Tous les éditeurs sont à la recherche de solutions pour le passage de la PAO en XML

Laballery

Sarah Baju, relations publiques

01 43 37 46 00

Le panel de clients est composé de grands et de petits éditeurs.

·          Tous les petits éditeurs utilisent le numérique pour leurs nouveautés et les grands pour l’instant pour les réimpressions

·          En pourparler avec Flammarion, Hachette, Belin pour proposer un modèle économique de séries de petits tirages et de stockage ; une solution qui peut être intéressante pour un éditeur Canadien voulant éviter les frais de transport jusqu’en Europe.


(*) parmi les personnes interrogées ou rencontrées pour cet état des lieux, nous tenons aussi à remercier : Patrick GAMBACHE, Responsable du projet développement numérique du groupe Flammarion, Virginie CLAYSSEN, Directeur adjoint du développement numérique du groupe EDITIS, Xavier CAZIN, Directeur de l’Immatériel.fr et ancien directeur des éditions O’Reilly France, Véronique GRALL, Directeur Livres des éditions Elsevier/Masson, Jacqueline Pieters, consultante et formatrice pour l’édition et les arts graphiques.

Si vous recherchez, dans votre stratégie d’exportation du livre numérique et papier en France des imprimeurs ou compositeurs numériques, voici quelques adresses ressources :

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Parlons livre numérique

Marie-Anne et Isabelle Lambert | 04/03/2009 | Numérisation

La lecture de livres numériques s’effectue sur 6 types d’appareils disponibles en France :

- Ordinateurs professionnels et/ou personnels,
- Téléphones mobiles,
- PDA ou assistant personnels (comme le Palm Pilot, il sert d’agenda, de carnet d’adresses, bloc-notes, a un clavier, avec des petites touches ou un écran tactile associé alors à un stylet),
- Smartphones (comme l’iPhone, c’est un téléphone mobile couplé à un PDA, permettant une meilleure gestion du temps grâce à des fonctionnalités agenda/calendrier mais également de la navigation web, consultation de courrier, connectivité à un client de messagerie instantanée, navigation GPS, etc.),
- Consoles de jeux (DS Nintendo par exemple),
- Enfin liseuses appelées « readers » ou encore tablettes de lecture.

Autant de mots qui recouvrent des technologies diverses, chacune fixant des contraintes de production spécifiques pour les éditeurs. Pour être capable d’échanger avec tout partenaire éventuel de la chaîne du livre numérique, mieux vaut savoir ce que recouvrent les termes les plus utilisés. Voici donc un petit glossaire, à utiliser avec précaution toutefois, la terminologie étant encore en pleine évolution.

1. Éclairage sur quelques mots clés du « parler numérique »

Agrégateur : diffuseur numérique et/ou e-librairie permettant d’acheter des e-books. Par exemple,  Numilog (créé en 1999 et racheté l’an dernier par Hachette) est un agrégateur « pure-player » (100% internet), tandis que d’autres comme fnac.com sont des librairies en ligne, filiales de librairies physiques.

Bi-media : publication mixte c’est-à-dire papier et électronique.

DTD (Définition type de documents), appelée GDN (Gestion des Droits Numériques) au Canada : fichier dans lequel sont décrites toutes les règles concernant le document édité - sa structure, les éléments devant obligatoirement y figurer, les éléments qui s’imbriquent, etc. - ; il en existe des publiques et des privées c’est-à-dire propres à une maison d’édition.

DRM (Digital Right Management) : procédé permettant de limiter ou interdire le piratage des e-books, ce qui permet de protéger les droits d’auteur. On parle ainsi de « formats fermés ou propriétaires », dans lesquels l’éditeur du format se réserve le canal de distribution des contenus et définit la solution DRM associée, qui est liée à un type d’appareil, par exemple Kindle/Amazon. Les partisans des DRM mettent en avant le respect du droit d’auteur. Les partisans des formats NON propriétaires rétorquent qu’il faut s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation, que cette protection n’est que du protectionnisme au profit des majors et qu’il y a un marché du gratuit qui encourage le marché du payant. Cette conviction serait en train de gagner du terrain chez les éditeurs français qui craignent sinon de tomber dans l’écueil de l’industrie musicale.

Flip book : mode de consultation (proposé par i-kiosque) c’est-à-dire qu’un livre en pages tournées,  proposé en extrait ou dans son intégralité.

Formats : formats de lecture (déterminant les logiciels nécessaires pour les lire) des livres numériques. Il existe aujourd’hui en France 4 principaux formats de fichiers utilisés dans le livre numérique

  • XML : Fomat générique qui permet le plus d’applications possibles; voir définition ci-dessous.
  • Adobe PDF (Portable Document Format) : il suffit d’avoir Adobe Reader téléchargement gratuit) pour y avoir accès. Ce format est particulièrement adapté à la lecture sur ordinateur d’ouvrages pour lesquels la conservation de la mise en page, de la pagination, des illustrations et des polices de caractère est importante : livres scientifiques et techniques, universitaires, pratiques, beaux livres, bandes dessinées.
  • PRC (Palm Resource Compiler):  lecture sur appareil mobile de livres pour lesquels l’adaptation à la taille de différents écrans de support mobile est importante : romans, essais (textes), dictionnaires ou guides de voyages si leur mise en page fait l’objet d’une adaptation.
  • Format compatible avec plusieurs readers, et utilisant l’encre électronique ( par ex : Illiad/Irex, Cybook/Bookeen).
  • Adobe ePub :  adapté comme le format PRC à la lecture sur divers appareils mobiles, grâce à la fonction de « repagination dynamique » (ou « reflowing »). Compatible avec plusieurs appareils de lecture utilisant l’encre électronique (par ex : Sony Reader proposé en France).  Discutable sur la fiabilité du rendu des tableaux et de certaines formules mathématiques.
  • Autres « formats ouverts » (Microsoft.LIT pour Microsoft Reader ou Palm, PDB pour eReader) : minoritaires pour le moment en France.
  • « Formats fermés » (AAC / iTune / iPod ou Reader/sony) : minoritaires en France aussi, car « pour des raisons stratégiques évidentes de tentative de captation de marché, ces solutions sont par définition défavorables aux autres acteurs de la chaîne, y compris les auteurs et éditeurs, qui risquent de se retrouver dans une situation de trop forte dépendance à l’égard d’un distributeur unique ou super dominant. » (1)

En résumé, l’offre de livres numériques en France est pour l’instant essentiellement composée de format PDF et s’ouvre au e-pub (voir blogue 4 sur la production numérique en France)

Livrel : livre numérisé, souvent appelé e-book en France. Par opposition au livre papier (parfois appelé p-book), c’est un ouvrage publié sous un format électronique, matérialisé par un ou des fichiers lisibles grâce à une machine (ordinateur, reader, smartphone, … ), s’affiche sur l’écran ou est audible par synthèse vocale.

Reader (liseuse): terminal électronique nomade permettant de lire des livrels ou e-books et des audio-livres. Dédié à la lecture, donc différent de l’ordinateur qui par nature est multifonctions (bien que ce dernier puisse aussi lire des e-books), il pèse moins lourd (

< à 300 grammes), n’a pas de clavier physique et est donc très portable. Il existe différents readers, mais attention tous ne sont pas compatibles avec les formats dans lesquels sont publiés les e-books (voir DRM).D’une manière générale, les liseuses sont sonorisées, offrent une connexion Wi-Fi, une capacité de mémoire fonction de la carte mémoire multimedia, pouvant par exemple stocker 800 romans, enfin une autonomie de quelques jours à quelques semaines (jusqu’à 8 000 pages vues pour le Cybook, par exemple). Commercialisées en France (aux alentours de 300 €/ 500 $ can.) plus cher qu’aux Etats-Unis ou au Canada, elles tentent à reproduire les sensations de lecture sur papier sans fatigue visuelle grâce à la technologie e-ink et, bientôt, le e-paper, support ultra-fin qui serait lancé en 2010. Quant à avoir de la couleur sur l’écran, c’est chose faite au Japon depuis peu… à quand en France ?

e-paper : écran fin et flexible, non rétro-éclairé ; exige donc d’être sous une source de lumière mais présente un meilleur confort de lecture..

e-ink : encre électronique ou procédé d’affichage des pixels sous l’effet d’une impulsion électrique, dont la disposition reste stable en l’absence d’alimentation électrique et pour une très faible consommation électrique.

Widget : petit programme permettant d’obtenir des animations (dont le feuilletage en ligne), vidéos etc., en provenance d’un autre site. Terme de ce fait utilisé pour la fonction promotionnelle. En informatique, le mot widget recouvre deux notions distinctes en relation avec les interfaces graphiques. Il peut alors être considéré comme étant :

- la contraction des termes window (fenêtre) et gadget. Il peut désigner un composant d’interface graphique, un élément de base d’une interface graphique (bouton, ascenseur, liste déroulante, etc.)
- un widget interactif, petit outil qui permet d’obtenir des informations (météo, actualité, dictionnaire, carte routière, pense-bête (en anglais post-it), traducteur etc.)

XML (Extensible Markup Language) : Conçu pour répondre au besoin d’une norme universelle de stockage et d’échange de données, XML est à la fois un métalangage et un format de fichiers. Pour un éditeur, l’intérêt de XML est crucial car il permet d’éditer le même contenu sur différents supports (papier, Internet, CD-Rom, e-books, PDA, téléphones portables, ...). En effet, le stockage des données sous différents formats (HTML ou base de données, dans le cas d’un contenu destiné à Internet ; langage développé spécifiquement pour un CD-Rom; format d’enregistrement propre au logiciel de PAO utilisé pour une publication papier…) pose le problème de leur mise à jour, qui risque d’être longue et imparfaite puisqu’il faut intervenir dans chaque document séparément. En outre, rien ne garantit la pérennité des formats de conservation propres à chaque support. Le XML permet donc de résoudre ces difficultés.

2. Matériels disponibles et formats compatibles : une photographie de l’instant (2)

Terminaux les plus courants en France

Parc français (en nombre d’unités)

Modèles ou marques si intérêt particulier

Principaux formats lus

Ordinateurs

> 30 000 000

-

PDF, e-pub, PRC, XML

Consoles de jeux

6 900 000

-

Selon les types d’appareil

Téléphones portables / mobiles

60 000 000

-

Selon les types d’appareil

PDA (Assistants personnels)

En déclin au profit du smartphone

-

PRC

Smartphones

1 800 000

dont i-phone d’Apple (800 000 en France)

et Androïd de Google à venir au printemps

PDF + autres formats selon les types d’appareil

Liseuses

(readers dédiés à la lecture)

nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;      10 000 à 15 000

toutes marques confondues dont :

Cybook Gen3 de Bookeen

HTML et TXT, PDF, PDB (fichiers PalmDoc) ainsi que PRC (fichiers Palm Resource Compiler contenant un livre Mobipocket)

 

6 000

PRS 505 de Sony

e-pub, PDF

 

Pas de données

iLiad

PDF, PRC, HTML

 

Sortie France juin 2009

Boox

Tous

 

Non commercialisé en France

Kindle

DRM Amazon, format Mobipocket/PRC


Conclusion

Dans ce grand marché désordonné du livre numérique où chaque major essaie de tirer son épingle du jeu en développant sans communiquer autour pour garder l’avantage de l’antériorité, il est difficile de faire une synthèse. À la question «  sous quel format puis-je vendre mes livres numériques en France ? », la réponse est : en PDF, mais numérisez vos livres en XML, cela vous permettra de produire à peu près tout format par la suite . »

(1) Bruno PATINO « Rapport sur le livre numérique », page 60, rapport remis à la ministre de la Culture Christine Albanel le 30/06/2008
(2) Sous réserve de modifications ou d’améliorations de la part des constructeurs et éditeurs de logiciels.

Nous remercions pour sa validation technique Elizabeth Sutton, Responsable Bases de Données
Dunod /Armand Colin et Responsable Web Marketing Dunod.

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Vendre aux bibliothèques universitaires via Couperin : un modèle qui a déjà fait

Marie-Anne et Isabelle Lambert | 03/31/2009 | Numérisation

Ces chroniques ayant été rédigées en partant des notions les plus simples, nous invitons les internautes qui le souhaitent à se référer au blogue n°1 De quoi allons-nous parler.

Aujourd’hui 133 bibliothèques universitaires et autres établissements d’enseignement supérieur ont acquis en 2007 des livres électroniques pour un montant total d’environ 1 552 297 euros TTC ( soit 2 406 060 $ can). Ces achats se concrétisent via le consortium Couperin qui regroupe les offres, recense les besoins et négocie collectivement avec les éditeurs ou les diffuseurs. C’est dire que les bibliothèques universitaires françaises constituent pour le livre numérique un marché réel et déjà organisé. Parce qu’il bénéficie du modèle, rôdé depuis plusieurs années,  des pratiques d’abonnements aux revues numériques. Il faut considérer de près cet axe marchand, d’abord parce qu’il est porteur de ventes immédiates, ensuite parce qu’il pourrait bien devenir un modèle pour l’avenir de la diffusion du livre numérique.

Nous avons interrogé Madame Bruley qui coordonne l’ensemble des achats de livres numériques pour Couperin. Les lignes qui suivent sont largement inspirées de ses réponses. Elles éclairent de façon précise la marche à suivre pour faire une offre à ce consortium.

Comment Couperin construit-il son offre de livres numériques ?
Couperin fonctionne par négociations individuelles avec les éditeurs. Un membre du consortium, Marie-Claire Bruley en l’occurrence, coordonne les offres et les répartit aux négociateurs chargés d’un secteur documentaire pour qu’ils négocient en direct avec l’éditeur.

Quels sont les points de négociation ?
Identification des titres et des regroupements thématiques les plus attrayants pour les BU, conditions commerciales acceptables de part et d’autre. C’est le plus souvent l’éditeur qui fait la proposition initiale ,laquelle est ensuite retravaillée avec le négociateur. « Ce que nous souhaitons, dit Marie-Claire Bruley, c’est que notre négociateur et l’éditeur travaillent ensemble à la rédaction de l’offre qui sera ensuite diffusée aux membres de Couperin ». 

Lorsque Couperin est sollicité pour une négociation concernant un nouveau produit dont l’intérêt semble limité pour les membres, une enquête préalable est lancée auprès des établissements afin de définir s’il est pertinent de négocier une offre. Cette enquête d’intérêt n’est pas systématique : elle dépend du produit, de son domaine disciplinaire, du public visé.

Pour situer votre offre par rapport à celles déjà achetées par Couperin et savoir quels sont aujourd’hui ses fournisseurs ebook, il suffit de se rendre sur le site,  http://www.couperin.org/spip.php?rubrique30, et de consulter l’ensemble des offres disponibles via ce consortium.

Pourrait-on imaginer que les éditeurs canadiens ayant une offre de livres numériques susceptibles d’intéresser les BU françaises puissent passer par Couperin ?
Il est tout à fait envisageable que Couperin travaille avec des éditeurs canadiens. Madame Bruley suggère qu’il y ait concertation collective entre les éditeurs universitaires (médecine, sciences, sciences humaines) et Couperin pour monter une offre cohérente et attractive. La forme de la négociation reste à définir : Couperin a l’habitude des négociations individuelles, par produit ; mais on pourrait imaginer des négociations thématiques, avec plusieurs éditeurs dans un domaine disciplinaire particulier. Ce qui donnerait du poids à l’offre et renforcerait sa légitimité.

Une enquête d’intérêt auprès des membres de Couperin serait alors sans doute proposée pour choisir les bouquets qui répondront le mieux aux besoins des établissements membres.  Ils devront bien entendu faire l’objet d’une négociation. Couperin nommera ensuite un ou des négociateurs pour mener à bien le travail avec le/les éditeur(s).

Comment convaincre Couperin d’acheter des livres canadiens ?
Couperin est à ce point avancé que sa cellule E-Books a rédigé un document intitulé « Les 10 commandements de l’éditeur d’e-books : pour une offre idéale ». Ce document vise à faire part aux éditeurs des bonnes pratiques actuelles, tant dans l’étendue de l’offre que dans sa profondeur et dans ses formes et formats, dans sa capacité à se modeler en fonction des besoins des clients universitaires ainsi que sur la pérennité de cette offre. Il insiste aussi sur l’ouverture et l’écoute des éditeurs aux contraintes et besoins des BU. Ce document étant en cours de validation, nous vous le transmettons en avant-première et sous réserve de modifications.

Conclusion
Il faut retenir donc l’ouverture totale de Couperin pour recevoir une offre des éditeurs canadiens à la condition que cette offre soit riche et diversifiée et, ce qui donnerait encore plus d’atouts, que les éditeurs arrivent à se regrouper pour pouvoir négocier avec Couperin et bâtir un catalogue attrayant. Consultez le site de Couperin ainsi que ces «  dix commandements à l’attention des éditeurs de livres numériques » et travaillez à organiser votre offre, collectivement ou individuellement avant de contacter Madame Bruley. (.(JavaScript must be enabled to view this email address))
———-

Les 10 commandements de l’éditeur d’e-books : pour une offre idéale

Dans un contexte d’offres foisonnantes, le consortium Couperin a souhaité faire part aux éditeurs d’e-books de ses recommandations et des pratiques les plus intéressantes constatées actuellement. Voici donc 10 propositions pour construire, en partenariat avec les éditeurs et les fournisseurs de services ou de contenus, ce que l’on pourrait qualifier d’offre idéale.

1.  Faciliter l’accès au contenu
a.  En favorisant le signalement et l’accès aux e-books aux communautés desservies ;
b.  En offrant une adresse URL stable ;
c.  En permettant leur citation ;
d.  En facilitant leur l’intégration au sein des catalogues de bibliothèques (grâce à des notices au format MARC) et des plateformes de gestion de ressources pédagogiques (grâce à des notices au format LOM ou LOM-FR);
e.  En développant l’interopérabilité vers ces plateformes grâce aux protocoles les plus utilisés dans le monde de la documentation : OAI-PMH, SRU/SRW, WebServices.

2.  Intégrer les usages pédagogiques
a.  En autorisant l’intégration des e-books dans des cours, des bibliographies réalisées avec des logiciels de gestion de références bibliographiques libres ou commerciaux;
b.  En donnant la possibilité de réorganiser certains éléments extraits des e-books pour les intégrer à des cours en ligne ou à des scénarios pédagogiques.

3.  Assurer l’archivage pérenne et l’accès perpétuel

Dans le cas d’un achat définitif de collections ou de titres individuels ou de souscription à des collections, l’accès perpétuel aux ressources doit être assuré, c’est-à-dire que l’éditeur doit prévoir des solutions d’archivage et d’accès pérennes.

4.  Offrir un contenu accessible aux budgets des bibliothèques
Les tarifs pratiqués doivent être adaptés aux budgets actuels des bibliothèques. Concernant les modèles économiques, l’abonnement à des collections et l’achat titre à titre dominent les offres commerciales. En cas d’abonnement à une ou des collections, la liberté de choix (granularité variable des achats/abonnements) et la possibilité d’ajuster l’envergure de l’offre à la taille de l’établissement, aux usages de son public et à son ambition dans le domaine des e-books sont essentielles. Il est regrettable de constater qu’aujourd’hui, il faille payer pour entrer dans la bibliothèque d’e-books, payer pour voir le catalogue et constater que les ouvrages sont déjà dépassés.

5.  Développer des services centrés sur l’usager
En terme de services, il serait intéressant pour les lecteurs de bénéficier des options suivantes :
a.  La lecture simultanée de plusieurs livres, l’annotation.
b.  Un moteur de recherche performant, capable de rechercher à l’intérieur des documents;
c.  Une indexation fine des documents, en français, avec des rebonds entre les ouvrages du même domaine, du même auteur, etc. ;
d.  La consultation temporaire de quelques pages d’un ouvrage ;
e.  La consultation simultanée du même ouvrage par un groupe d’utilisateurs large pendant une courte période, le temps d’un exercice ou pour préparer un examen ;
f.    L’accès à une aide en ligne et à des formations gratuites pour les utilisateurs ou les bibliothécaires.

Quant aux bibliothécaires et aux acheteurs d’e-books, ils souhaitent pouvoir :
a.  Bénéficier des dernières éditions parues et acquérir les éditions plus anciennes à prix réduit;
b.  Consulter un ouvrage avant de l’ajouter à la collection ;
c.  Ajouter des documents temporairement à la collection (location) ;
d.  Mettre en place des filtres et des profils d’utilisation des documents, pour des individus ou des communautés;
e.  Ouvrir des tests gratuits sur une collection de documents pertinents;
f.    Accéder à une hotline en cas de problème et à une documentation technique administrateurs ;
g.  Signaler facilement à leurs lecteurs les nouvelles acquisitions, par des courriers électroniques automatiques ou par des fils RSS.

6.  Offrir l’accès le plus large aux contenus
a.  En favorisant l’accès nomade authentifié et sécurisé (Shibboleth, serveur proxy);
b.  En prévoyant une synthèse vocale et l’accessibilité aux malvoyants pour le plus grand nombre possible de textes, et une version audio des textes littéraires.

7.  Publier des éditions récentes
En matière de politique éditoriale, l’actualité des publications et des éditions est primordiale. Trop souvent, les éditeurs proposent des éditions anciennes. Les bibliothèques doivent offrir des titres récents et prévoir l’ajout régulier de nouveaux titres, voire de titres en cours de rédaction

8.  Fournir des statistiques d’usage
Comme l’évaluation joue un rôle primordial dans le métier de bibliothécaire, il est important pour les services documentaires de pouvoir disposer facilement de statistiques de consultation fiables, respectant les recommandations Counter les plus récentes. Ces statistiques serviront aussi à préciser les usages émergents

9.  Libérer les usages
Enfin, en termes d’usages, il est essentiel que :
a.  Les offres éditoriales s’affranchissent des logiciels et des matériels propriétaires à cause des restrictions d’usage imposées par les mesures logicielles de protection (DRM) ;
b.  Dans le cas contraire, les DRM devront faire l’objet d’un affichage clair de la part du fournisseur, qui précisera les matériels et logiciels requis pour consulter les documents qu’il fournit.
c.  Les éditeurs proposent plusieurs possibilités de lecture sur écran, ainsi que des solutions de téléchargement sur tablette de lecture.
d.  Il soit possible d’imprimer des extraits ou la totalité de l’ouvrage.
e.  Les possibilités de prêt entre bibliothèques, d’exportation et d’impression des documents, qui manquent souvent de clarté, soient explicitement indiquées.
f.    La possibilité de choisir les documents titre à titre et de modifier la liste de ces titres à tout moment ou une fois par an soit possible.

10. Innover, expérimenter en partenariat
Les usages de ces nouveaux documents et de ces nouveaux supports de lecture n’étant pas encore fixés, ils pourraient donner lieu à une approche expérimentale des offres, tout en se donnant la possibilité de modifier ces offres si elles ne correspondent pas aux usages constatés.

Des pratiques innovantes méritent d’être soulignées :
a. La présence d’un bandeau aux couleurs de l’institution sur les plateformes de téléchargement ou de visualisation, pour rappeler l’origine de la ressource et de son financement;
b. L’absence de DRM sur les documents téléchargés, remplacées par un filigrane portant le nom de l’utilisateur, ainsi que son institution d’appartenance.

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11/05/2009

Des subventions pour les projets d’édition numérique francophones

10/07/2009

Voici des petites « brèves »

09/30/2009

Quoi de neuf du côté du livre numérique en France

05/01/2009

Bienvenue sur le blogue export de l'AELC.

04/30/2009

La place des libraires dans la chaîne du livre numérique

04/30/2009

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04/29/2009

Eyrolles et le numérique: un exemple à suivre ?

04/20/2009

Le cas de l’agrégateur NUMILOG : portrait d’un acteur historique et emblématique (2/2)

04/13/2009

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04/06/2009

Un état des lieux de la production numérique en France

04/03/2009

Parlons livre numérique

03/31/2009

Vendre aux bibliothèques universitaires via Couperin : un modèle qui a déjà fait ses preuves

03/25/2009

De quoi allons nous parler?

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